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Amendement Moreau : la FEEF veut des contrats pluriannuels en échange

28/04/2018 par Soulabail rubrique Actualité retail - 0 Commentaire

La FEEF – qui représente de nombreux fournisseurs PME de la distribution – estime que l’amendement Moreau, porté par le député LREM Jean-Baptiste Moreau – Agriculteur-propriétaire exploitant selon le descriptif de l’Assemblée Nationale qui est en fait un éleveur de vaches limousines et dirigeant de coopérative de sortir du cadre des négociations annuelles va dans le bon sens. Mais celui-ci doit néanmoins être précisé lors de la discussion en séance publique. Il faut que la suppression de la convention unique soit associée à la mise en place de contrats pluriannuels (de 2 ou 3 années) afin de permettre une meilleure visibilité des commandes et assurer ainsi la pérennité du courant d’affaires dans la confiance pour les fournisseurs PME.

Jean-Baptiste Moreau – Député LREM et éleveur de vaches limousines

Amendement Moreau : implications pour les PME

La PME a une structure agile et légère qui a besoin d’un costume « sur mesure » pour prendre en compte ses spécificités (principe de « différenciation PME »). Sortir du carcan de la négociation annuelle va lui permettre de se concentrer plus facilement sur le développement du commerce avec son client et relancer la création de valeur.

« C’est d’ailleurs déjà ce qui se passe à l’étranger. Mais pour que ça fonctionne en France, il ne suffit pas d’un texte de loi ! L’enjeu est d’engager un changement culturel pour passer de l’attitude conflictuelle, caractéristique de ce qui se passe dans le box et qui favorise la guerre des prix, au dialogue collaboratif. Le collaboratif signifie responsabiliser les acteurs et modifier le comportement des distributeurs sur le terrain », explique Dominique Amirault, Président de la FEEF.

Néanmoins, cet amendement qui va dans le bon sens ne résoudra pas tout. Le seul moyen d’obtenir des négociations commerciales plus vertueuses est de rendre obligatoire l’application du tarif commercial du fournisseur de produits agricoles ou transformés auprès des distributeurs. Le tarif commercial est non négociable. Seules les conditions de développement des ventes (remises, ristournes, prestations de service…) sont négociables. Pour Dominique Amirault, « il serait judicieux de réaffirmer le principe de primauté du tarif dans le texte de loi ! ».

Le rôle moteur des Entrepreneurs PME dans la création de valeur pour le commerce

Les PME représentent plus de 90% des fournisseurs de la grande distribution, soit 700 000 emplois. Elles se caractérisent par un ancrage territorial et des activités non délocalisables.

Les marques PME satisfont pleinement aux attentes des consommateurs en matière de qualité, d’innovation et de personnalisation. Ainsi, elles expliquent aujourd’hui 80% de la croissance des ventes de la grande distribution (Baromètre Nielsen), et constituent une solution rentable à la croissance des enseignes et un levier de leurs différenciations.

Les PME répondent également aux enjeux posés par la RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) et s’inscrivent dans une logique d’amélioration continue : développement du tissu industriel et de l’emploi local, respect des territoires, approvisionnement durable et valeurs humaines portées par l’Entrepreneur. Un Amendement Moreau qui rebat toutes les cartes suite au EGA.


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Yves Soulabail Yves Soulabail est conseil en retail et formateur. Membre de l’Association Etienne Thil, secrétaire général de l’Association pour l’Histoire du Commerce, il sauvegarde les archives du secteur et perpétue les enseignements de Bernardo Trujillo.