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Carrefour-Deminor : une réponse peu convaincante du géant de la distribution

Groupe carrefourDans un courrier du 4 avril, repris intégralement sur ce site, Deminor interpellait sur 4 points essentiels le groupe Carrefour au travers de son nouveau PDG, Lars Olofsson, ainsi que la plupart des administrateurs du groupe de distribution.
Le 5 juillet, en fin de journée, Carrefour retournait sa réponse – par site boursier interposé – par laquelle elle lui rappellait que ses accusations étaient “totalement infondées”.
En décomposant la lettre initiale, il est pourtant possible d’analyser les manquements dans l’argumentation de Carrefour :

Premier point : Non communication au marché de l’existence de discussions avancées avec le groupe Diniz
Carrefour estime qu’elle s’est “conformée en tous points à ses obligations en matière d’information au marché et à ses actionnaires”. Le groupe précise qu’il n’existait, au 21 juin 2011, date de l’AG aucune information qu’il “aurait été tenu de rendre publique en application de la réglementation”. Carrefour précise encore avoir “immédiatement rendu public (le 28 juin à l’ouverture des marchés) par voie de communiqué de presse la proposition de Gama reçue le 27 juin 2011”.
Réflexion : dans un entretien réalisé par le Figaro avec Diniz, publié ce 5 juillet, à la question ‘Depuis quand discutez-vous avec Colony, Groupe Arnault et Carrefour ?’ la réponse est pourtant précise : “En juillet 2009, Sébastien Bazin, le président de Colony Capital Europe, m’a invité à Paris pour parler football. Je m’étais préparé, je connaissais tous les joueurs du PSG. À l’époque, nous n’avions pas parlé de son projet de céder la filiale brésilienne de Carrefour. Depuis, nous n’avions plus eu de contact. Le travail avec le management de Carrefour a commencé en mai 2011, conduit par la Banque Estater”. Cela inverse la prise de contact par ailleurs et donne tout son sens de la question de Deminor.

Deuxième point : Une opération qui nécessite une assemblée générale de Carrefour
“[…] la décision du Conseil d’administration de Carrefour d’accepter le projet proposé par Gama est conditionnée à l’approbation par CBD de la proposition de Gama et à l’approbation du Conseil d’administration de BNDES et de son engagement. Si ces conditions étaient remplies et qu’un accord était conclu entre les différentes parties impliquées, les opérations envisagées ne seraient réalisées que dans le strict respect des règles du droit des sociétés. Dans ce cas, une assemblée générale des actionnaires de Carrefour serait dûment convoquée et les actionnaires informés des décisions qu’il leur serait proposé d’adopter en conformité avec les exigences applicables.”
Réflexion : un rendez-vous prévu prochainement ? L’été promet d’être chaud !

Troisième point : Un renforcement des pouvoirs de Blue Capital SARL, Colony Blue Investor SARL et Groupe Arnault SAS et un transfert progressif du contrôle de la société
Etonnement, pas de réponse officielle sur ce thème.
Réflexion : c’est pourtant une question qui nous semble essentielle !

Quatrième point : Responsabilité des administrateurs de Carrefour
“La décision prise par le Conseil d’administration de Carrefour l’a été en conformité avec les règles applicables, notamment en matière de conflit d’intérêts.[…] Le projet proposé par Gama a fait l’objet d’une décision du conseil d’administration de Carrefour, qui comporte 7 administrateurs indépendants sur 12, prise après un examen approfondi de l’offre par l’ensemble des administrateurs”.
Réflexion : tant que le terme “indépendant” ne sera pas précisé en droit…


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Yves Soulabail Yves Soulabail est conseil en retail et formateur. Membre de l’Association Etienne Thil, secrétaire général de l’Association pour l’Histoire du Commerce, il sauvegarde les archives du secteur et perpétue les enseignements de Bernardo Trujillo.