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Carrefour Labège : les insectes Micronutris en linéaire vs productivité des salariés ?

24/02/2014 par Soulabail rubrique Actualité retail - 5 Commentaires

barre insecte micronutris carrefour cédric auriolL’hypermarché Carrefour Labège commercialisera dès cette semaine, le 27 février, des vers de farine et grillons produits par la société Micronutris. En tête de gondoles sont attendus différents « insectes apéritifs », des biscuits salés et sucrés à base de poudre d’insecte, ainsi que des insectes bruts.  C’est en effet comme voisin, puisque l’entreprise de production est installée à quelques encablures de Toulouse, à Saint-Orens-de-Gameville, que ce test est réalisé. Dégustation prévue sur place pour les adeptes… ou les plus téméraires…

Micronutris
Pilotée par Cédric Auriol, sous la dénomination d’EAP Group, cette entreprise est en réalité le premier pilote d’élevage d’insectes pour alimentation humaine en Europe. Ce « laboratoire », déclaré comme commerce de gros, développe encore des tests de productivité. Pour l’exemple, 35 m² permettent actuellement de produire 1 tonne par mois de vers de farine. Avec 650 m² au sol, l’entreprise réalise ses 10 tonnes. La volonté est de multiplier par 10 cette production sur la même surface.
La connaissance de l’histoire de la grande distribution nous aura fait remarquer ici qu’un autre grossiste aura voulu faire sa révolution : E. Leclerc à Landerneaux, dont on dit à tord qu’il était épicier à ses débuts. Un signe prémonitoire sur la réussite du projet ?

Impact pour Carrefour
Innovant, à n’en pas douter, cette politique viendra télescoper un certain esprit de retour aux filières… vous savez, ce que l’on appelle maintenant Origine & Qualité Carrefour. Plusieurs expériences peuvent être menées, ce n’est pas là la difficulté. Ce que nous mettons en avant, c’est la cohérence entre la puissance d’une campagne publicitaire à grand budget… et une petite opération qui – par son impact psychologique et potentiellement médiatique – pourrait venir balayer d’un coup les efforts de repositionnement sur l’activité traditionnelle du groupe et le retour aux valeurs du terroir.

Un projet détenteur d’un Grand prix régional d’innovation
Si dix kilos de végétaux permette de produire un kilo de viande traditionnelle ou neuf kilos d’insectes à la place, on comprend que la productivité est inégalée. Avec cette prise de conscience, les occidentaux iront peut-être même jusqu’à redécouvrir directement les bienfaits des végétaux produits de manière naturelle, comme cela s’est engagé dans les mentalités actuellement, pour réduire directement la quantité de protéine consommée… On pensera ainsi que cette activité déflationniste remettra en cause nos concepts même de croissance.
En tout cas, le concours régional des Inn’Ovations aura récompensé les meilleurs projets innovants de Midi-Pyrénées, financé par la Région Midi-Pyrénées et ses partenaires (Airbus SAS et BNP Paribas) au travers – ici – de son Coup de Cœur que nous évoquons. BNP que l’on retrouve proche de ces réflexions… comme à GS1, lors d’une présentation faite par un directeur associé chez Capgemini Consulting
Espérons qu’il ne s’agisse pas là finalement d’un coup de grâce – orchestré par les banques et leurs conseils – par une recherche de productivité maximum au profit d’une robotisation accrue. Pour ceux qui en douterait, dans un article du Financial Times intitulé “Enslave the robots and free the poor” [que l’on peut traduire par Asservir les robots et libérer les pauvres], l’éditorialiste Martin Wolf attire notre attention sur l’échec des classes ouvrières partout dans le monde qui ne peuvent plus faire concurrence aux robots.
Encore faudra-t-il vouloir répartir les richesses accumulées par les élites… ce qui relance indéfiniment la question de savoir qu’elle est la valeur même d’une entreprise. Question à laquelle nous répondons par la nécessaire refonte des règles de comptabilité, incluant ainsi les salariés comme partie-prenante du capital immatériel des entreprises [à l’actif du bilan…]. Encore faudra-t-il ajouter un flux positif et – cette fois – généré au compte de résultat…
C’est toute la différence entre la position de Carrefour face à Walmart, dont on sait que son cours boursier est lié – aux Etats-Unis – avec la hausse du chômage, alors que Carrefour a toujours ciblé des classes populaires élevées…

Une vidéo des débuts du modèle de Micronutris

Une émission de ces derniers jours


insectes comestibles
Source

Le vers de farine auront-ils leur peau ?


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5 Commentaires

  1. PHILIPPE QUI MANŒUVRE24/02/2014 at 10:00

    C ‘est coup de pub pour juste dire vous voyez Carrefour revient a l innovation par rapport aux concurrents !
    Sauf que la clientèles c’ est pas sur quels suivent !

  2. xavie25/02/2014 at 17:00

    mettre en barre tous les verbeux ! c est la nouvelle mine !

  3. messaouden26/02/2014 at 02:19

    Que Carrefour licencie rien de neuf, l’intérêt est que l’entreprise se lâche un peu plus et commence à proposer des choses différentes dans les hypers. On commencerai à sortir d’un immobilisme mortifère pour explorer de nouvelles pistes de produits et services à nos clients.
    L’ouverture de Villeneuve va apporter son lot de nouveautés pour les clients lambdas et il sera intéressant de voir dans le temps comment cela se deploiera.
    Je pense de plus en plus qu’Olson avait une vrai vision mais pas Carrefour.
    Surrement un des rares à le défendre.

  4. Le Loup26/02/2014 at 02:31Auteur

    Les échos que nous avons sur les volumes ne sont pas anodins.

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Yves Soulabail Yves Soulabail est conseil en retail et formateur. Membre de l’Association Etienne Thil, secrétaire général de l’Association pour l’Histoire du Commerce, il sauvegarde les archives du secteur et perpétue les enseignements de Bernardo Trujillo.