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Cushman & Wakefield dévoile les huit futurs corridors logistiques clés en Europe

L’évolution du secteur de la logistique est marquée par une hausse des volumes de fret, une augmentation des coûts de transport, une pénurie de main-d’œuvre et un engorgement du réseau routier.

D’après les prévisions d’Eurostat, la demande en matière de transport de marchandises en Europe continentale devrait presque tripler (+182%) d’ici à 2050.

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Cushman & Wakefield vient de publier une nouvelle étude « The changing face of distribution: the shape of things to come » identifiant les nouveaux corridors de transport qui verront le jour d’ici à 2030, et dessineront l’évolution de l’industrie de la logistique européenne.

Selon cette étude, le principal corridor de distribution européen reliant les pays du Benelux et la région nord de l’Italie – connu sous le nom de «Banane bleue» ou «Blue Banana» de la logistique du fait de sa forme particulière – s’est transformé et dupliqué en de multiples autres corridors pour répondre à l’expansion européenne et à la création d’autoroutes.

Ces corridors logistiques européens devraient néanmoins encore évoluer en raison de divers facteurs comme la hausse des volumes de fret (+22 % au cours des dix prochaines années), les coûts de transport, les pénuries de main-d’œuvre et l’engorgement du réseau routier. Le commerce électronique, les nouvelles technologies comme l’Internet des objets (IoT – Internet of Things), la connectivité multimodale et les réseaux de transport sont également à l’origine de ce changement majeur. En outre, des questions d’ordre politique comme le départ du Royaume-Uni de l’Union européenne, pourraient avoir une incidence significative.

Cushman & Wakefield identifie huit principaux corridors logistiques qui devraient vraisemblablement redessiner le secteur de la logistique à l’échelle européenne. Ces nouveaux corridors sont classés dans la catégorie « nouveaux marchés », « marchés de 2025 » ou « marchés de 2030 » en fonction du moment où ils sont censés devenir pleinement opérationnels (certains étant subordonnés à la disponibilité/fiabilité des infrastructures, ou à l’incidence des obstacles juridiques).

Cushman & Wakefield a identifié huit futurs corridors de distribution :

  • Banane bleue, corridor d’origine : voie d’acheminement des marchandises internationales en Europe via les ports du Benelux, elle passe par la Rhénanie et va jusqu’à la région nord de l’Italie. L’importance croissante des ports méditerranéens devrait étendre cette dorsale en y incluant Gênes en Italie.
  • Corridor britannique : après le Brexit, au moment où les réseaux maritimes, routiers et ferroviaires du Royaume-Uni vont officiellement cesser de faire partie du corridor mer du Nord/Méditerranée du réseau transeuropéen de transport (RTE-T), les chaînes d’approvisionnement britanniques seront de plus en plus tournées vers leur territoire national. Le Brexit devrait accroître la dépendance de l’industrie de la logistique à l’égard des ports britanniques.
  • Corridor irlandais : une nouvelle voie maritime à courte distance est établie entre les ports de Cork et de Dublin en Irlande et les ports de Zeebrugge et Anvers en Belgique. Il est probable que, du fait de la capacité limitée du port de Zeebrugge, la demande logistique soit redirigée vers le port voisin de Gand en Belgique, voire Zélande aux Pays-Bas.
  • Corridor ibérique : les bassins de main-d’œuvre qualifiée et à moindre coût existant en Espagne et au Portugal attirent déjà les fabricants automobiles allemands. La création de lignes ferroviaires et d’autres liaisons de transport devrait favoriser l’essor du trafic de distribution au cours des 5 à 7 prochaines années.
  • Corridor d’Europe centrale : les développements autoroutiers et ferroviaires du RTE-T ont déjà amélioré la distribution le long de ce corridor existant. Si ce corridor s’étend finalement jusqu’à la région nord de l’Italie, il pourra rejoindre la Banane bleue via Bologne et Milan.
  • Corridor de la mer du nord : la distribution le long de ce corridor qui relie le port de Hambourg à Copenhague et Malmö va sensiblement s’améliorer avec l’achèvement en 2021 du tunnel Rodby-Puttgarden qui sera accessible à la fois aux poids lourds et aux trains de marchandises.
  • Corridor de la mer noire : un futur corridor de distribution qui sera relié à la « banane » d’Europe centrale une fois que la branche du réseau ferroviaire et autoroutier Rhin-Danube du RTE-T reliant Budapest à la mer noire sera achevée. Par conséquent, les marchés roumains comme Bucarest devraient jouer un rôle crucial dans le développement de la logistique.
  • Corridor des pays Baltes : l’importance croissante des pays Baltes en tant que sites de fabrication dépendra de la construction des réseaux autoroutiers et ferroviaires du RTE-T qui relieront cette région à la Finlande, à la Pologne, à la République tchèque et à l’Allemagne. Avec les investissements significatifs qui s’imposent en matière d’infrastructures, ce corridor de distribution devrait se développer sur le long terme.

Lisa Graham, responsable Logistics Research & Insight pour la région EMEA chez Cushman & Wakefield, commente : « La forme des chaînes d’approvisionnement évolue et change rapidement. Le transport longue distance classique atteint son point de rupture et il est essentiel que tous les acteurs de la supply chain travaillent ensemble afin de garantir le maintien d’un flux continu de marchandises vers l’Europe, hors de l’Europe et à travers l’Europe. Le Brexit et d’autres facteurs externes obligent également les parties en présence du secteur de la logistique à trouver des solutions pérennes. C’est en partie la raison pour laquelle nous voyons une émergence de nouveaux corridors de logistique au moment où l’UE investit dans des infrastructures et des nouvelles technologies en vue de réduire les coûts et d’améliorer l’efficacité.

En examinant les régions clés dans lesquelles une évolution est envisageable, nous pouvons voir quelles sont celles qui sont les mieux placées pour tirer profit des futurs modèles de distribution. Actuellement, le transport représente environ la moitié de l’ensemble des coûts de logistique. Ces coûts sont susceptibles d’augmenter à nouveau dans le cas d’une immobilisation du secteur qui serait attribuable à l’engorgement du réseau routier, à la pénurie de main-d’œuvre et à l’intensification des réglementations concernant les émissions de dioxyde de carbone ». 

D’après les prévisions d’Eurostat, la demande en matière de transport de fret en Europe continentale devrait presque tripler (+182%) d’ici à 2050. L’augmentation des coûts d’exploitation combinée aux impacts environnementaux négatifs du transport de marchandises – qui concernent pour la plupart la route (avec une hausse estimée de 40% en 2030 et de 80% en 2050) – exerce une pression sur les sociétés qui doivent alors adapter leurs modes de transport, leurs chaînes d’approvisionnement et leurs sources de carburant.

Rob Hall, responsable Logistics and Industrial pour la région EMEA chez Cushman & Wakefield, conclut : « Nos futurs corridors logistiques ont été pensés en gardant à l’esprit les carburants alternatifs et le transport multimodal. Pour rester réalisable à l’avenir, le transport routier doit devenir progressivement autonome ou connecté afin de désengorger le réseau autoroutier et améliorer la sécurité. Rendre le transport routier plus durable sur le plan environnemental est une évidence. D’ici 2030, tous les principaux corridors autoroutiers devront proposer des stations de charge pour les carburants alternatifs et d’autres technologies vertes. Le défi que doivent relever les secteurs publics et privés est de rendre ces solutions durables à la fois rentables et pérennes ».


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Yves Soulabail Yves Soulabail est conseil en retail et formateur. Membre de l’Association Etienne Thil, secrétaire général de l’Association pour l’Histoire du Commerce, il sauvegarde les archives du secteur et perpétue les enseignements de Bernardo Trujillo.