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Négociations commerciales : la FCD appelle les industriels à cesser leur campagne de désinformation

02/02/2018 par Soulabail rubrique Actualité retail - 0 Commentaire

“La Fédération du Commerce et de la Distribution a pris connaissance avec consternation du communiqué conjoint des organisations représentant les industries agroalimentaires et de la FNSEA.” Elle condamne – dans un communiqué diffusé le 1er février 2018 à 11h46 – “cette pratique annuelle des déclarations péremptoires et orchestrées, fondées sur une désinformation systématique” lors de ces négociations commerciales 2018.

La réalité des faits est différente pour ces négociations commerciales

La réalité des faits, selon la FCD, est la suivante :

  1. Les négociations annuelles se terminent le 1er mars, soit dans un mois. Vouloir en tirer un bilan à date n’a aucune signification.
  2. Ces négociations concernent les seuls produits transformés, soit la moitié des produits vendus dans nos magasins. En sont exclus les produits bruts et les produits sous marque de distributeur. Les producteurs agricoles ne participent donc pas directement à ces discussions. Un des objets de la future loi alimentation est justement de remédier à cette situation, en inversant le mode de négociation.
  3. La demande de hausse moyenne des tarifs des produits de grande consommation, qui nous a été adressée, atteint environ +5%. Ceci n’est acceptable ni pour les consommateurs, ni pour l’économie française.
  4. L’analyse de ces hausses par l’observatoire FCD des négociations commerciales montre que de nombreux grands industriels ont cherché à profiter de l’effet d’aubaine des EGA pour augmenter massivement leurs marges, sans aucune justification en matière d’évolution des cours de matières premières. C’est sur ces hausses injustifiées que se concentrent l’essentiel des discussions en cours.
  5. Les demandes qui nous ont été adressées ne respectent pas, pour une partie d’entre elles, les contraintes légales. Plusieurs industriels laitiers refusent ainsi toujours d’appliquer la loi Sapin 2 en indiquant le prix qu’ils entendent reverser aux éleveurs sous contrat. Ce refus de transparence, comme d’indication de clause de revoyure, est inacceptable. Nous demandons à l’État d’opérer les contrôles nécessaires et d’appliquer les sanctions prévues par les textes.
  6. Continuer à parler de déflation n’a aucun sens, alors que toutes les données officielles montrent que le prix de tous les produits alimentaires, y compris ceux des grandes marques, ont recommencé à augmenter depuis six mois, après plusieurs années de baisse.
  7. Malgré un contexte tendu, en raison de ces hausses injustifiées, plus d’accords ont été signés, à date, qu’en 2017, notamment avec les PME. C’est la traduction directe de notre volonté de trouver des accords gagnants pour toute la filière, même si la nouvelle loi ne s’appliquera en pratique que dans un an.
  8. Enfin, les soi-disant témoignages anonymes, organisés par les organisations d’industriels, pour dénoncer les méthodes de négociations, ne correspondent à aucune réalité globale. Toutes les enseignes ont, au contraire, déployé des moyens importants d’information et de formation, pour bien faire prendre en compte par leurs acheteurs, la charte qu’elles ont signé avec l’État, en décembre 2017.

La FCD et ses enseignes rappellent, de manière solennelle :

  • Qu’elles entendent respecter leur signature de la charte pour une équitable répartition de la valeur, dans le respect des lois en vigueur
  • Que leur priorité absolue est de permettre aux agriculteurs de vivre dignement de leur métier, et non une nouvelle hausse des marges de grands industriels, déjà en forte croissance depuis un an
  • Qu’en conséquence, elles veilleront, dans la suite des négociations, à privilégier les hausses correspondant à une véritable amélioration du revenu versé aux agriculteurs, à une hausse constatée des matières premières agricoles
  • Qu’elles soutiendront également le renforcement du tissu des PME dont le dynamisme assure aujourd’hui la totalité de la croissance des ventes. Il reste un mois de négociation, qui doit permettre d’arriver à des accords positifs pour tous, et d’abord l’agriculture. La FCD appelle au retour à la raison, pour que l’état d’esprit positif des EGA ne soit pas gâché par des positions caricaturales et d’un autre temps.

Le communiqué des producteurs et de la FNSEA

C’est le 31 janvier 2018 que le communiqué qui a déclenché l’ire de la FCD a été publié. En voici le contenu :

“L’ANIA, Coop de France, la FNSEA, et l’ILEC appellent l’État à faire respecter la loi et les engagements pris par tous. La grande distribution met sciemment en péril la filière alimentaire française.

A un mois de la fin des négociations commerciales 2018, agriculteurs, coopératives agricoles et entreprises alimentaires dénoncent d’une même voix le climat catastrophique dans lequel ces négociations se déroulent et la déflation tarifaire qui continue de caractériser les accords signés.

Cette année encore sont à déplorer les demandes de baisses de prix systématiques, la non prise en compte des hausses de matières premières, la banalisation des démarches « qualité » ou RSE, les menaces de déréférencement, les comportements irrespectueux et contraires à la loi dans les box de négociation, les opérations promotionnelles sauvages…

Force est de constater que malgré les engagements qu’elles ont pris lors des États généraux de l’alimentation en signant la charte « pour une équitable répartition de la valeur », les enseignes de la grande distribution n’ont pour l’essentiel rien changé cette année à leurs mauvaises pratiques.

Ainsi, les engagements de tous se heurtent au cynisme de certains qui continuent à mener leur guerre des parts de marché, au détriment de l’intérêt commun.

Combien d’exploitations agricoles, d’entreprises, de coopératives en difficulté, d’emplois détruits, d’investissements retardés voire abandonnés, avant de comprendre que se joue aujourd’hui, dans les box de négociation de la grande distribution, la survie du secteur alimentaire ?

Les agriculteurs doivent pouvoir vivre dignement de leur travail. Les coopératives et les entreprises doivent pouvoir investir et se développer.

Nous avons entendu jeudi dernier le Président de la République lors de ses vœux au monde agricole. L’État se montre déterminé et prêt à agir pour mettre fin à ce système de concurrence sauvage qui perdure depuis de nombreuses années.

Une nouvelle loi est indispensable mais avant cela, c’est dès les prochains jours que les engagements de tous les distributeurs devront se traduire en actes. L’État doit impérativement renforcer ses moyens de contrôler, dénoncer et sanctionner les pratiques illégales, faute de quoi l’esprit des États généraux de l’alimentation ne survivra pas au-delà du 1er mars 2018.

Nous en appelons à la responsabilité de tous les distributeurs. Nous pouvons encore mettre fin à l’aberration économique de la guerre des prix mortifère. Il n’est pas trop tard pour mettre en œuvre les conclusions des États généraux. C’est par l’excellence agricole et industrielle que nous pourrons répondre aux attentes des consommateurs et construire l’alimentation de demain.”

En conclusion

Heureusement, après les négociations pour les grandes enseignes, certains acheteurs pourront gagner du temps personnel de vacance…

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Yves Soulabail Yves Soulabail est conseil en retail et formateur. Membre de l’Association Etienne Thil, secrétaire général de l’Association pour l’Histoire du Commerce, il sauvegarde les archives du secteur et perpétue les enseignements de Bernardo Trujillo.