70 000 entreprises en défaillance en 2025 !

Selon les données Altares issues de son « Étude de défaillances et sauvegardes des entreprises en France » près de « 70 000 entreprises sont tombées en défaillance en 2025, dont plus de 19 000 sur le 4e trimestre. Un nouveau triste record et des tensions encore très fortes sur les PME et ETI, mais une accalmie semble enfin se dessiner pour 2026. »

TRIMESTRE 4 ET BILAN 2025
Étude de défaillances et sauvegardes des entreprises en France
TRIMESTRE 4 ET BILAN 2025
Étude de défaillances et sauvegardes des entreprises en France

Signaux positifs et difficultés selon Altares

L’étude précise ce qu’elle qualifie de « signaux positifs et « les bonnes surprises » [selon elle] de ce 4e trimestre :

  • Recul des liquidations judiciaires directes ;
  • Baisse des défauts des structures de 3 à 99 salariés ;
  • Les entreprises de 3 à 10 ans résistent (-0,1 %) ;
  • La construction (-8 %) et le transport routier (-16 %) solides, le commerce de détail d’habillement souffle (-1 %) ;
  • Les régions Normandie, Hauts de France, Grand-Est, PACA et AURA basculent dans le vert ;
  • Le nombre d’emplois menacés se stabilise en fin d’année. »

De l’autre côté, elle souligne « des difficultés à l’issue de ce 4e trimestre

  • Record historique des procédures pour un T4 ;
  • e sinistralité en hausse chez les plus petites entreprises et les plus grandes ;
  • Les entreprises de plus de 15 ans toujours vulnérables ;
  • Les défauts augmentent encore rapidement pour la mécanique industrielle (+68 %), les taxis (+33 %), la viticulture (+18 %), le commerce automobile (+14 %) ou la restauration (+8 %) ;
  • Corse, Pays-de-la-Loire et les territoires ultramarins sont fortement dans le rouge. »

L’année 2025 se conclut sur des seuils de défaillances encore record. Avec 19 024 procédures ouvertes sur le dernier trimestre, le pic des 70 000 défaillances – sauvegardes, redressements et liquidations judiciaires – est quasi atteint. Si la hausse des faillites se poursuit, son rythme ralentit : + 1,7 % au 4ème trimestre contre + 10 % en 2024 et + 38 % en 2023 sur la même période. Les tensions restent cependant très fortes pour les organisations d’au moins 100 salariés. Le nombre d’ouvertures est au plus haut (236 sur l’année) et continue d’accélérer très fortement (+ 18,6 %). Parmi ces « grandes » défaillances, l’industrie manufacturière et le secteur social sont surreprésentés, concentrant respectivement 21 % et 12 % des ouvertures. Un contexte qui pèse lourdement sur l’emploi. 267 000 salariés et dirigeants voient leur emploi menacé au terme de 2025, soit 11 000 de plus qu’il y a un an. Toutefois plusieurs signaux positifs émergent et laissent entrevoir – sans naïveté – une accalmie pour 2026.

La vision du directeur des études

« L’économie française a évolué en 2025 dans un cadre paradoxal mêlant à la fois une inflation maîtrisée et une croissance atone avec des finances publiques sous tension dans un contexte géopolitique compliqué. Ce cocktail a créé un climat d’incertitude fort pour les entreprises et notamment des PME déjà éprouvées par la hausse des coûts logistiques et énergétiques. Dans ce contexte, les entreprises les plus vulnérables tentent de jouer sur les délais de paiement interentreprises pour pallier des trésoreries qui se contractent. Le retard moyen de paiement a touché un plus haut depuis la Covid, au-delà de 14 jours accentuant fortement le risque commercial. L’année se conclut donc sur 70 000 défaillances d’entreprises, un niveau historique qui, au-delà d’une conjoncture difficile, peut questionner sur les faiblesses financières (capitaux insuffisants), logistiques (Supply Chain peu résiliente) ou structurelles (numérisation incomplète) de l’écosystème entrepreneurial français. »

Thierry Millon, directeur des études de la société Altares

Les activités de détail en léger recul

Le commerce (+1,6 %) est aligné sur la tendance globale (+1,7 %) au 4e trimestre (3 734 défauts), tiré par les bonnes performances du commerce de détail qui pèse pour plus de la moitié des défauts du secteur. En effet, les activités de détail présentent un léger recul (-0,7 %), certes timide mais encourageant. Le bricolage et l’équipement du foyer affichent la meilleure performance (-13 %) devant l’habillement (-5 %). Les activités de soin à la personne & optique, notamment l’optique, basculent nettement dans le rouge (+28 %). Le commerce et la réparation véhicules restent fragiles sur le 4e trimestre (+7,4 %). La vente de véhicules automobiles accuse une dégradation de +14 % et la réparation de +8 %. La situation reste tendue pour les grossistes (+2 %) en particulier dans les matériaux de construction (+13%). La tendance s’améliore dans le textile de gros (-9%).

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