Carrefour Un combat pour la libertél

Action Carrefour : le marché boursier défie la DG sur Dia… et Lars Olofsson

Carrefour Resultat net 2010

Résultat net du Groupe Carrefour

La cote de Carrefour n’arrête pas de descendre… et risque de voler en éclats en cas de passage sous les 29,80 €, selon les analystes.

Démonstration de la non-valeur boursière de l’activité du groupe Carrefour
Avec les derniers échanges à 30,09 € par action, le 6 juin 2011, et 679 336 000 titres en circulation, la valeur boursière de Carrefour n’est mathématiquement plus que de 20 441 220 240 €. C’est déjà beaucoup diront certains !
Mais moins de 21 milliards pour le groupe dans sa globalité, regroupant son activité et ses bâtiments, c’est indéniablement peu !
Prenons uniquement l’immobilier, les murs que Colony Capital souhaite justement valoriser séparément du reste du groupe en dépit de l’avis contraire des actionnaires familiaux, ils représenteraient un actif valorisé approximativement à 24 milliards en cas de cession pour certains… même avec une décote, de 3 à 4 milliards… voire 15 à 18 millions pour d’autres, en moyenne l’activité marchande de Carrefour ne serait donc plus valorisée en bourse. Une hérésie financière et pourtant…

1 semaine -0,64% 1 mois -4,43%
1 an -11,40% 1er janvier -2,46%
+ haut 2011 36,61 € + bas 2011 29,83 €

Comment valorise-t-on généralement un groupe de ce type ?
Prenez l’exemple d’une petite affaire dans le même secteur que Carrefour. Si vous décidiez de l’acheter, et si vous trouviez vendeur pour vous la céder, pour 30% de son chiffres d’affaires toutes taxes comprises cela serait pour vous une très bonne affaire.
Si vous décidiez d’investir entre 30 à 50%, cela resterait sans doute une affaire intéressante.
Pour plus de 50%, vous accepteriez un risque mais il faudrait pour cela que le chiffre d’affaires puisse croître rapidement. Vous pourriez faire un pari qui pourrait s’avérer intéressant.
Pour une valorisation à 100% du chiffre d’affaires, il faudrait indéniablement faire croître ce dernier pour maximiser la rentabilité de l’opération. Si l’affaire vous semble finalement réalisable, vous pourriez prendre le pari, bien que cela représente un risque indéniable. C’est justement la valeur à laquelle fut vendue les dernières activités du groupe, même 120% pour l’activité Thaïlandaise de Carrefour à Casino, il y a peu. Les analystes n’ont pas bougé un cil.

Et le reste de l’entreprise Carrefour alors ?
C’est bien là que se pose le problème ! Pour une activité de près de 101 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2010 pour le groupe Carrefour dans sa globalité, cela ferait un minimum de 30 milliards de valeur hors immobilier jusqu’à 100 milliards, selon l’aversion au risque et le potentiel de développement que des repreneurs pourraient envisager.
Autre méthode, prenons le résultat et multiplions par 7. Avec 2,9 milliards en 2010 – en résultat opérationnel courant – et un résultat net de 0,382 milliards – après éléments exceptionnels -, même si nous coupons la poire en deux… cela laisse encore un valeur de presque 11,5 milliards pour le business dégagé… toujours plus que le zéro des marchés ! A moins que, si l’on taille dans le vif, 7 fois 0,382 milliards ne fassent pas 2,7… encore loin de 0 !
Valorisez-vous alors la valeur de remise en état du paquebot ? 4,5 milliards pour des proches du dossier. C’est évidemment plus qu’un brin de peinture dans l’état du navire qui faut envisager… mais tout de même, entre 100 milliards au mieux – à la découpe… – et le rien actuel !

Pourquoi alors cette valorisation à zéro pour une entreprise si peu endettée ?
Soit, messieurs des marchés, vous estimez que l’activité ne peut se développer et se trouve en situation de péricliter inévitablement, soit vous pensez qu’achetez aujourd’hui vous mettra en situation de ne plus trouver preneur pour reprendre l’affaire derrière vous. Et comme vous n’appréciez pas particulièrement de vous retrouver le dindon de la farce, vous préférez laisser ça aux autres ! Merci Bernard et ses amis, pris au piège. Et vous laissez couler ainsi l’affaire.
Autre possibilité, vous pensez que la direction générale ne peut que détériorer la valeur de cette entreprise.
C’est pas faux. C’est d’ailleurs la seule chose qui fonctionne bien en ce moment dirons les plus méchants.
C’est donc un changement qu’il faut.
Toutefois, sachez qu’aucun groupe français n’a les reins assez solide pour gober aujourd’hui le morceau dans sa totalité. Les plus grands du secteur se sont posé la question. Réponse négative c’est un fait : il faudrait hypothéquer trop d’années de développement pour digérer le bébé.
Mis à la découpe, que restera-t-il ?

La bourse fera la peau à la direction générale de Carrefour… à moins que…
C’est effectivement un défi indéniable que les opérateurs boursiers lancent aujourd’hui à la direction. La presse économique libre – il n’en reste que bien peu en France – ne fait que peu l’éloge des décisions prises aujourd’hui. Seuls les journaux « à la botte » font encore des courbettes révérencieuses devant les propriétaires de cet épouvantail moribond. Dans le cadre d’une analyse en situation de guerre économique, c’est la direction qui devrait être à la peine… Le poids des journaux devenant trop impressionnant…
Il est vrai pourtant, que le manque potentiel de publicité dans les journaux économiques, tue également la pugnacité… LVMH n’est pas le moindre des clients, il faut l’avouer et sa manne financière pourrait venir à manquer pour de nombreux papiers empêche d’avoir trop d’ennemis… et les “amis” du CAC40 ne laissent fuiter que les informations qui les arrangent. Le Figaro ne préfère-t-il pas évoquer l’affaire d’une cliente et de sa salade à 20.000 € qu’évoquer la disparition de quelques millions d’actions… c’est étonnant au regard d’un petit actionnaire.
La valorisation montre à quel point les opérateurs boursiers, banques et fonds d’investissement en premiers, considèrent comme inopportunes les actions entreprises actuellement par le groupe.

Les + grosses capitalisations du secteur

VALEUR

Capitalisation boursière (M€)

CA ht 2009 (M€)

Résultat Net 2009 (M€)

WAL-MART STOR..

129.546

ND

11.204,77

TESCO

37.351

ND

2.727,19

TARGET CO

24.170

ND

ND

COSTCO WHOLES..

23.082

ND

819,53

CARREFOUR

21.211

87,38

437,00

PPR

14.890

16,52

1.043,70

METRO

14.791

65,53

ND

AHOLD KON

11.617

27,93

894,0

Qui veut encore parier sur l’avenir d’une entreprise dirigée ainsi ? Le doute s’est installé depuis longtemps… si l’on peut encore parler de doute !
Il est temps du renouveau… mais à quel prix ? A quel prix social ? Pour les salariés du groupe qui seront inévitablement en première ligne et ceux des petits fournisseurs en deuxième.
Quel impact sur le tissu économique général ? Quel recule sur le pouvoir d’achat des français ?
Même le fonds Knight Vinke, actionnaire de Carrefour à hauteur de 1,5%, a indiqué mardi avoir récemment écrit au conseil d’administration du distributeur à propos d’un “projet de fusion” de sa division brésilienne avec Pao de Açùcar (CBD), cocontrôlée par Casino.

A moins que… l’on laisse indéfiniment Blue Capital détériorer ce qui fait le business historique du groupe et sa valeur en bourse pour continuer à laisser monter le crabe dans le capital. Si Blue Capital n’a que la solution fiscale en tête pour sortir Dia du berceau juste à ce moment, c’est bien que…
Et même si d’autres fonds raflent l’affaire, les petits actionnaires seront les dindons de l’opération. En effet, si l’opération arrive à son terme après la décision lors de l’assemblée générale du 21 juin 2011, ils vendront leurs actions Dia, dégoûtés par le poids des taxes qu’ils subiront sur cette plus-value. On parle de près de la moitiée du cadeau… empoisonné. L’Etat au passage prendra sa part et Blue Capital pourra racheter à plus bas prix les actions du groupe laissées libres à prix réduit et en grand nombre sur les marchés pour mieux revendre ensuite à la découpe la société… au marché… une double opportunité ! D’autant que la manip ne peut profiter aux actionnaires n’étant pas au nominatif…

Les détenteurs du capital de Carrefour


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Yves Soulabail Yves Soulabail est conseil en retail et formateur. Membre de l’Association Etienne Thil, secrétaire général de l’Association pour l’Histoire du Commerce, il sauvegarde les archives du secteur et perpétue les enseignements de Bernardo Trujillo.