Carrefour en quête d'essence

plassat carrefour essencePrésent sur les aires d’autoroutes depuis 2001, Carrefour, qui dispose encore de vingt stations, battrait en retraite. C’est en tout cas, ce qu’indique le journal 20 Minutes, reprenant d’ailleurs une information du Figaro. L’essence est pourtant un argument de poids, aussi bien dans le budget des ménages que dans celui de l’attractivité magasin encore aujourd’hui. Nous avions évoqué avec un membre du conseil d’administration la question pour les fêtes de fin d’année… Un beau cadeau qui pouvait être fait d’aider le traîneau du Père Noël…
Nous sommes déjà au taquet, m’avait-on répondu alors, lorsque je lui proposais que Carrefour soit plus agressif sur les prix à la pompe pour les fêtes. En tout cas, la mise en oeuvre des équipes magasins fut catastrophique ! Le fameux « si vous arrivez jusqu’à nos pompes, vous aurez droit à moins cher sur votre ticket en magasin »… une mécanique bien trop compliquée pour être efficace. C’est pourtant un fait, les produits pétroliers sont encore l’une des rares liberté des directeurs de magasin qui peuvent en fixer le tarif m’avait-on précisé alors…
Ne devrait-il pas en être autrement et faire l’inverse : plus de liberté sur les prix en magasin et moins sur l’essence mise à zéro en permanence ? Et pour revenir sur les stations d’autoroute : finalement ne voulez-vous pas fermer simplement ces pompes à image-prix élevé qui font fuir les clients de tout poil et se reporte sur vos hypermarchés ?

Une longue histoire de sens pour Carrefour
Déjà, dès les premières années de l’enseigne, l’essence était un aimant à image-prix pour les clients. Pour l’exemple, nous sommes ici en Savoie, dans le coeur du réacteur qui fera surgir cette entreprise hors des frontières et qui n’est encore pourtant qu’un supermarché de quartier sur Annecy. Pour ceux qui pensent loucher… vous avez bien vu, les prix sont en francs pour l’ordinaire comme l’on dit à l’époque…

Parmelan 1963
Magasin supermarché Carrefour Parmelan à Annecy, avril 1963

Message à l’attention de Monsieur Georges Plassat et son entourage sur une nouvelle quête de sens et non plus d’essence
Retrouver des documents comme celui ci-dessous et ci-dessus est toujours un plaisir, aussi bien à la mémoire des premiers pas de cette entreprise que de celles de ses dirigeants. Toutefois, il ne faut pas s’y méprendre ! L’objet de ces recherches n’a jamais été de bâtir une statut de marbre au souvenir de cette entreprise, mais de rendre toujours vivant l’esprit même des fondateurs : ce qui est bien plus important pour la survie du Groupe aujourd’hui. Aussi, sans doute l’essence est toujours un moyen actuel pour redonner de l’attractivité des magasins, mais que diable… ne faut-il pas voir plus loin et prendre 10 ans d’avance ? Ou bien plus loin peut-être encore. Les fondateurs avaient bouleversé le monde qui les entouraient, faisons de même aujourd’hui. Repoussons les frontières de nos esprits. Un dossier dans ce sens a été présenté à deux membres de votre Conseil d’Administration… Regardez, lisez, interroger à loisir… et faisons faire à notre Société française endormie sur ses acquis le bon en avant que la génération du Baby Boom a connu en son temps. Cette fois parions sur la génération des moins de 30 ans d’aujourd’hui… Tout est à notre disposition ! Pourquoi attendre ?

Essence Carrefour Sainte Geneviève des bois
La demande d'agrandissement de la station du Carrefour Sainte Geneviève des bois, 1964

Ci-dessous, un message publicitaire qui devient celui d’un autre temps, toujours tourné sur les recettes du passé… Le besoin de déplacement a pourtant toujours été présent chez l’espèce humain, alors faisons lui faire des pas de géant. Vous vendez aujourd’hui à la brouette, si vous me permettez, ce qui se construit à la vitesse de la machine doit se vendre à la vitesse de la machine… n’oubliez pas qu’à l’époque Bernardo Trujillo préconisait de vendre déjà à la vitesse du jet… c’était dans les années 1970 ! Nous sommes à la vitesse de la lumière aujourd’hui… pour cette nouvelle quête de sens !

8 réflexions au sujet de “Carrefour en quête d'essence”

  1. Carrefour ne s’intéresse plus à l’essence sur autoroute !
    Point à la ligne ! Car le prix est plus cher que dans les hypers et donne une mauvaise image ! Et y a rien à gagner sauf dans les boutiques !
    Par contre, Grande Pointure ne refera pas la bêtise faite par certains au Casino d’avoir vendu les stations des hypers à Shell et Agip car ces derniers faisaient du fric et les géants ne pouvaient plus attirer de la clientèle par l’essence et cela contribuait à l’image prix cher des Géants Casino !
    Voilà ! C’est simple quand on sait de quoi on parle !

  2. Lorsqu’une entreprise se retrouve en difficulté, il me semble évident de recentrer son activité sur son corps de métier. Il parait donc assez logique de couper certaines branches qui ne sont pas prioritaires comme l’essence sur autoroute, mais peut être aussi le voyage, le spectacle, la logistique, l’informatique Back Office, le SAV, de réétudier certaines offres qui ne sont plus compétitives (bijouterie ?)…
    L’heure n’est plus à la diversification.
    Il faut savoir élaguer pour repartir du bon pied…

  3. Quelques précisions :
    Les directeurs de magasins ne sont pas libres de fixer le prix des carburants de leur station. Il y a une stratégie prix décidée au national. L’enjeu est double sur le carburant : faire-venir et faire du cash.
    Ensuite, il faut rappeler que ce sont les stations d’autoroutes Carrefour et Leclerc qui, en arrivant avec un positionnement discount (en 2001) ont contraint les pétroliers à baisser le prix de leurs carburants sur autoroutes. Aujourd’hui effectivement, le delta est moindre puisque tout le monde est quasi-aligné, mais surtout le passage à l’euro a réduit les différentiels (les centimes d’euros sont moins impactants pour nos clients que les centimes de francs).
    Ce serait une erreur de penser que Carrefour sur autoroutes nuit à l’image prix de l’enseigne. Les clients savent que le réseau autoroutier est cher et que Leclerc et Carrefour y restent cependant les moins chers, sur leurs boutiques tout particulièrement.
    Ce positionnement sur autoroutes ne nuit pas à l’image prix Leclerc, pourquoi cela nuirait-il à la nôtre ?

  4. @ Pénélope : complétement d’accord pour en fréquenter régulièrement 4 ou 5. Puis il faut ajouter autre chose que l’on risque de perdre, cette chance inoui de vendre autre chose que du carburant à des gens qui font des centaines de kilométres en famille trés souvent… Commerce ! Je me rappelle aussi d’une opération Rentrée des Classes sur les autoroutes (péages) qui avait débouché sur des ventes en Station… et bien sûr en magasin. Après le parking, l’autoroute sinon plus que sur le parking, n’est-elle pas l’endroit le plus fréquenté du pays ?

  5. @ Guillem, je suis sur que la diversification n’est absolument pas synonyme de non professionnalisme ou non représentativité, il y a tant de personnes remarquables qui ne demande qu’à bien faire. Les part de marché des plus petits croissent au dépend de Carrefour. Au contraire, il faut occuper le terrain et optimiser les équipes en les challengeant. “Il faut vietnamiser” et professionnaliser. Etre leader dans tous les domaines.

  6. @dramatisation
    Je n’ai pas dit qu’il y avait un manque de professionalisme…
    Je dis juste que le groupe n’a pas les moyens de tout faire bien…
    Je ne pense pas que le fait d’occuper tous les marchés, même s’ils sont rentables, soit bénéfique pour l’entreprise !
    Il y a trop de dispersion d’énergie !!! Les sièges sont paralizés par plétore de patrons, de contrôleurs de gestion, de la maladie de la réunionite, etc.
    Et pendant ce temps : Intermarché ressort avec une progression de son CA sur 1er trimestre 2012 à +7,9%…
    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/service-distribution/actu/0202103342612-les-mousquetaires-d-intermarche-se-jouent-de-la-crise-331325.php

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